MOUCHE DE BAR

les années invérifiables
les années invérifiables

Nota : On entre dans “les années invérifiables”, où la chronologie est très difficile à tracer. Ses années d’errance prendront fin vers 1952, avec l’entrée de Buk dans l’administration des postes. Hiver 41-42 : Buk a 21 ans, il nettoie des wagons de marchandises pour gagner de quoi se payer son premier voyage. Départ vers la Nouvelle Orléans. Dans le car, première touche porno féminine de sa vie. Un épisode curieux, qui n’aboutira pas, raconté dans la nouvelle La vie dans un bordel au Texas des Contes de la folie ordinaire. Arrivée à la Nouvelle Orléans. C’est le Sud: il y découvre les lois Jim Crow, la ségrégation. Il se trouve un job d’expéditionnaire, qu’il tient quelques jours, puis de linotypiste (même topo), puis de gardien de nuit dans un garage. Voir les 30 et 31e chroniques du Journal d’un vieux dégueulasse.

Il se fait engager comme cheminot, direction Sacramento via El Paso et L.A. Voir dans les Nouveaux contes de la folie ordinaire : A prendre ou à laisser. Pour éviter les problèmes avec ses compagnons de voyage, qui l’ont repéré comme ” celui qui se croit plus malin que les autres “, il s’isole et dort lors des étapes dans des jardins publics. Réfugié dans une bibliothèque publique, il découvre Dostoïevski. Il descend à L.A., retour au foyer familial. Son père lui fait désormais payer sa chambre, sa nourriture et le blanchissage. Il travaille dans un magasin d’accessoires de voitures. Puis part pour San Francisco avec l’intention de s’y établir. Là, il bosse pour la Croix Rouge à installer des banques de sang dans les églises de la ville. Sa logeuse est une vraie mère : il trouve chaque soir un seau de glace garni de bouteilles de bière, et il se met à écrire. Elle met aussi un gramophone à sa disposition : Buk découvre de grands compositeurs. Cet amour de la musique classique ne l’a jamais quitté. Il envoie ses nouvelles à de grands magazines nationaux, sans résultats. Mais écrire lui est devenu nécessaire.

Il mange peu et bois toujours autant. Des heures dans des piaules miteuses, des bars enfumés. Whisky, bagarres, chercher une femme. Sans en être conscient, il rassemble le matériau qui serra le ferment de son oeuvre. Des idées de suicide le traversent parfois : il ne voit pas comment échapper au travail pour trouver le temps d’écrire, sans mener cette vie de misère. Il s’y sent condamné. L’errance continue… En 1942 Buk passe à Saint Louis. Il retournera parfois à L.A., chez ses parents. Ceux-ci sont catastrophés : ils ont raconté aux voisins que leur fils était mort au combat. Buk les avait prévenus, il est vrai, d’inventer une histoire pour le quartier car il n’avait pas l’intention quoi qu’il advienne de faire son service. Concernant l’administration militaire, Buk se contente de donner ses adresses successives. Ca ne suffira pas.

On est à Philadelphie, toujours en 1942, lorsque le F.B.I. frappe à sa porte. Il est incarcéré pour désertion. Le psychiatre du conseil de révision l’exemptera finalement. Ce passage en prison est raconté dans les Contes de la folie ordinaire : J’ai vécu avec l’ennemi public N°1 et Comme au bon vieux temps, ainsi que dans Au Sud de nulle part : Guerre et taule. Libéré, Buk retourne à son boulot d’expéditionnaire. Quatre jour plus tard, le F.B.I. l’arrête à nouveau, cette fois pour l’interroger au sujet de son oncle John. Celui-ci est en fait décédé au cours des années 30.

C’est toujours àPhiladelphie que Buk fait l’amour pour la première fois, à 23 ans, avec une femmeénorme, sans âge et d’une hygiène corporelle plus que douteuse. Il l’a raconté dans la 28e chronique du Journal d’un vieux dégueulasse. Buk dû mettre sa machine à écrire au clou pour manger. Il écrit toujours autant, mais à la main. Ne doutant de rien, il continue d’envoyer ces manuscrits. Refus sur refus, quand on daigne lui répondre. Mars 1944, Saint Louis. Buk travaille comme emballeur dans le dépôt d’une boutique de mode. Sa nouvelle Aftermath of a lengthy rejection slip (Séquelle d’une longue lettre de refus) est publiée; dans le magazine Story. Premier cachet : 25$, une somme considérable pour l’époque. Cette première publication, pleine d’humour et d’autodérision, annonce déjà son style autobiographique. Il y est question d’un aspirant écrivain recevant une lettre de refus. On en trouve des extraits dans La vie de Charles Bukowski de Cherkovski.

Buk part pour New York avec l’idée de croquer la grosse pomme. Voir la 6e chronique du Journal d’un vieux dégueulasse. Il ne résiste pas à cette ville. Blues, autodénigrement, il s’enfonce. Laisse tomber. Il n’écrira quasiment plus pendant les dix années suivantes. Un passage à Atlanta. Retour à Philadelphie en 1945. Il publie encore Twenty tanks from Kasseldown (Vingt tanks de Kasseldown) dans le magazine Portfolio, au milieu de textes de Miller, Lorca, et Sartre. Mais la longue descente est déjà bien entamée. Voir la 21e chronique du Journal d’un vieux dégueulasse. On trouve de nombreux récits de cette période de voyages dans les nouvelles de Au Sud de nulle part, ainsi que dans la première partie de Factotum, qui s’ouvre sur son arrivée à la Nouvelle Orléans. Et puis c’est vraiment le trou noir.

Selon sa propre expression, il laisse tomber l’écriture pour se concentrer sur la boisson. Buk fait l’ouverture et la fermeture, il devient pilier de bar à plein temps. Une épave cramponnée au comptoir. Parfois il va chercher des sandwiches pour les clients, ce qui lui rapporte un peu d’argent. Il se bat. Il erre du soir au matin comme frappé de stupeur. Tentations de suicides, encore. Il ne sait d’ailleurs pas trop comment il (sur)vit. Le film Barfly, dans lequel Mickey Rourke est Bukowski, démarre sur cette période. Eddie, joué par Frank Stallone y incarne Tommy McGilligan, le barman de son rade de prédilection. Pendant ce temps, c’est la fin de la guerre en Europe. Vers fin 1946, Buk arrête ses voyages et retourne se fixer à L.A. C’est définitivement chez lui. Dans un bar (où ailleurs?), il rencontre Jane Cooney Baker. C’est une femme usée, alcoolique elle aussi, dont on devine qu’elle fut une beauté. Elle a 36 ans, Buk en a 26, et ils vivront ensemble une dizaine d’années. Elle est Laura dans Factotum, Betty dans Le postier, et Wanda Wilcox (sous les traits de Faye Dunaway) dans le film Barfly.

Buk écrit de temps à autre une nouvelle ou un poème, sans suites. Pendant ce temps William Faulkner est prix Nobel de Littérature en 1949. Si Buk boit beaucoup, Jane boit pourtant plus encore. On peut supposer que Factotum s’arrête ici. Fin 1952. Buk a 32 ans, il entre à l’administration des postes qui a besoin d’auxiliaires pour la période de pointe de Noël : c’est le début du roman Le Postier. Ce travail finira par l’occuper pendant trois ans, temps qui lui sera d’ailleurs nécessaire pour être titularisé. En 1955 Buk tombe malade. Ulcère. Il vomit et défèque du sang. A l’hôpital on appelle un prêtre. Il survit. Les médecins lui interdisent l’alcool. Voir dans Nouveaux contes de la folie ordinaire: Vie et mort des pauvres à l’hosto, puis Retrouvailles.

Pour le détourner de l’alcool, Jane l’initie aux champs de courses et aux paris hippiques. Il est fasciné, c’est le début d’une passion pour le jeu et les hippodromes. Mais courses ou pas, il se remet à boire. Très vite après sa sortie de l’hôpital, Buk ne supporte plus son travail à la poste. Repéré comme fauteur de troubles, il fait depuis trois ans l’objet des brimades de ses chefs. Il démissionne, et se remet à écrire; de la poésie, ce qui est nouveau; avec enthousiasme et facilité. Sa relation avec Jane se dégrade, elle boit de plus en plus. Pour elle c’est un lent suicide. C’est la rupture. Buk se plonge dans l’ écriture, entre deux petits boulots ingrats et ennuyeux de commis expéditionnaire ou de magasinier. Il envoie au hasard quelques poèmes à une revue Harlequin, qui parait au Texas. Harlequin publie des poèmes rimés, la rédactrice en chef se nomme Barbara Frye. Il imagine une gentille petite vieille avec chats et canaris.

Quoi qu’il en soit, Bingo, Ms. Frye pense que Buk est un génie, n’a jamais rien lu de tel et le publie aussitôt. Ils s’écrivent. La correspondance prend un tour personnel. La correspondance prend un tour chaud. Par jeux ou défi, Buk propose à Barbara de l’épouser. On est en 1956 : elle le rejoint à L.A. Surprise: elle s’avère être une jolie blonde, pétillante et sexy, de 20 ans (lui en a alors 35). Pas de sexe avant le mariage pour Barbara : ils font donc l’aller-retour à Las Vegas sur les chapeaux de roues. Re-surprise : elle est quasi nymphomane, et Buk auras bien du mal à tenir la distance entre cette ventouse et ses gueules de bois. Elle emmène Buk chez elle, à Wheeler, Texas. Troisième surprise : le grand-père de Barbara possède quasiment toute la ville. Sans en avoir rien su, Buk a épousé un très bon parti et se retrouve potentiellement à la tête d’un confortable paquet de dollars. Dans le roman Le Postier, Barbara est le personnage de Joyce.

De retour à L.A., Buk se laisse d’abord doucement entretenir. Mais bientôt la petite bourgeoise a des velléités d’indépendance. Elle veut montrer à sa famille qu’ils peuvent s’en sortir seuls, Buk reprends donc le travail. Il apprend par un coup de fil de son père que sa mère vient d’être opérée d’un cancer. Elle décédera peu après. Voir le poème Cancer dans Le ragoût du septuagénaire. Au cours de l’année 1957, Harlequin publiera 8 poèmes de Buk. Il faut bien dire qu’il est alors rédacteur en chef adjoint de la revue. Cette même année, Jack Kerouac publie Sur la route.Après deux ans de mariage, Charles et Barbara Frye/Bukowski divorcent en 1958. L’année suivante, il fera paraître un poème dans le journal Quicksilver : The day I kicked away a bankroll (Le jour où j’ai envoyé paître une fortune). Ce seul titre traduit sans doute assez bien le sentiment de Buk à propos de ce divorce. On peut trouver un bilan de ce mariage dans la 24e chronique du Journal d’un vieux dégueulasse.

En décembre le père de Buk meurt. Soulagement. Il organise les obsèques, prévient ses rares amis. Distribue les effets de son père en souvenirs aux voisins. Il hérite de la maison paternelle, la vends pour 16.000$ et ne souhaitant rien garder dépense la somme le plus vite possible en alcool et sur les champs de course. Voir la 22e chronique du Journal d’un vieux dégueulasse, et, dans Je t’aime Albert, les nouvelles La mort du père I et La mort du père II. Buk recroise Jane Cooney Baker par hasard. Son alcoolisme a achevé de la lessiver. Elle est seule. Par pitié il la reverra un moment, mais son état de délabrement, et le fait que Buk ait déjà du mal à assumer ses propres problèmes, condamnent ces retrouvailles. Après leur séparation fin 1958, Buk réintègre les services de la poste. Il y restera cette fois douze ans. Buk a 38 ans, il est seul. Il a échoué à vivre de sa plume, et supporte mal son travail à la poste. Il boit toujours autant. Il se voit fini, raté.

Il va s’imposer désormais une discipline de vie et d’écriture. Il bringue toujours, mais maîtrise sa consommation d’alcool. Il s’habille décemment. Met un peu d’argent de côté. Surtout, entre la poste, la boisson et les courses, il s’astreint à un travail d’écriture poétique régulier. Les ingrédients de son travail sont fixés : machine à écrire plantée comme une mitraillette sur la table de la cuisine, bières fraîches, radio sur une station classique, cigares. Et surtout un moment d’isolement. Jane meurt à 49 ans. Trop d’alcool. Buk la veillera jusqu’à la fin. C’est sans doute son travail d’écriture qui le sauvera alors de la dépression et du suicide. Il mettra des années à se remettre de cette disparition, mais n’oubliera jamais cette femme. 1959 – Buk publie un poème très remarqué, The Twins (Les jumeaux), dans The Galley Sail Reviews de San Francisco. The Twins parle de son père tel qu’il aurait du être. C’est encore l’introspection et la déprime.

Peu à peu, Buk devient quelqu’un qui compte dans le milieu de la poésie underground. Il déteste les cercles littéraires plus qu’aucune autre forme de groupe. Leurs haines mesquines, leurs clans, leurs coteries minables. Et puis il est fatigué des refus des magazines à plus ample diffusion, et écœuré par ce qu’il voit comme une poésie institutionnelle. Il a trouvé sa voie dans un circuit parallèle. C’est E.V. Griffith de la revue Hearse qui, le premier, lui propose de publier un recueil de poèmes. Buk se donne totalement à ce projet. 14 octobre 1960, Buk a 40 ans, et voilà enfin ce recueil :Flower, Fist and Bestial Wail (fleur, poing et gémissement bestial). 14 pages, impression offset. Hearse Chapbook n°5.Ça y est, son premier livre. Il regrette juste que Jane n’ait pas pu voir ça, et qu’une femme ne soit pas avec lui ce jour là. Déjà, on le pousse à donner des lectures publiques. Il s’y refuse, trouvant ce genre d’exhibition absurde sinon dégradant.

La revue Epos publie bientôt un recueil de treize poèmes, accompagnés de quatre illustrations : Poems and Drawing. Buk correspondait de longue date avec Jon Webb, un éditeur et imprimeur marginal. Jon Edgar Webb ne vit que pour l’édition : arrêté pour le braquage d’une joaillerie, il passa ainsi trois ans en taule ou il dirigea le journal de la prison. Lui et sa femme Louise vivent pauvrement à la Nouvelle Orléans. Il passe sa vie sur une vielle presse à main, elle vend des cartes postales dans la rue. A l’automne 1961, après 2 ans de travail, ils font paraître le premier numéro de The Outsider. On y trouve des poèmes de Gregory Corso, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, des textes de Henry Miller et William Burroughs. Et un cahier central de six pages de Buk. Si The Outsider reste une publication à diffusion confidentielle, on est loin de la ronéo et de feuillets agrafés sommairement. C’est un superbe travail d’artisan, du choix du papier à la mise en page. Buk est abasourdis : “qu’est ce que les éditeurs ont fait pendant des siècles avant vous ?” En 1978, Philippe Garnier, premier traducteur français de Buk : “…il y avait des fleurs du désert dedans, des caractères rares et mirifiques […] et ça coûtait $3 à l’époque et celui que j’ai vu en valait 60 et encore le libraire était un pote…” Pendant ce temps John F. Kennedy est élu président des États-Unis. On érige le mur de Berlin. Hemingway se suicide. Céline meurt.

En 1962, l’éditeur et poète Carl Larsen publie le recueil Longshot Poems for Broke Players (Poèmes hasardeux pour parieurs fauchés), qui reçoit un accueil enthousiaste dans le circuit de la littérature alternative. Midwest Press, dont l’éditeur R.R. Cuscaden gagne sa vie en vendant des assurances, sort Run with the Hunted (Course avec les traqués). Cuscaden publie en outre la première étude consistante sur l’oeuvre de Buk dans la revue Satis. Il le compare à Baudelaire. Le mythe Bukowski se construit. Dans un cercle minuscule de littérateurs, OK, mais il se construit. Celui d’un poète poivrot des quartiers miséreux de Los Angeles, d’un loser qui fait ressortir l’humour du sordide, du marginal ultime. Le numéro 2 de The Outsider parait pendant l’été, il inclut deux poèmes de Buk. Il rencontre Frances Smith, qui sera le personnage de Fay dans Le postier. Celle-ci le lit depuis quelques temps, et lui écrit lors d’un séjour dans la région de L.A. : une amitié naît entre eux. Elle emménage près de chez lui. Ils deviennent amants. Buk ne se sent pas à mêmes d’assumer une paternité, et ne s’en cache pas à Frances. Il craint qu’elle ne tombe enceinte. Frances est déjà mère de quatre enfants (qui vivent alors avec leur père). Pendant ce temps : C’est la crise de Cuba, l’affaire de la baie des cochons. On frôle la IIIe guerre mondiale.

Printemps 63 : The Outsider n°3 parait. Cette fois Bukowski fait carrément la couverture et l’essentiel de la revue. Deux autres études paraissent par ailleurs sur Buk. En septembre, Les Webb publient le recueil It catches my heart in its hand (il attrape mon coeur dans ses mains, nouveaux poèmes choisis 1955-1963). Kennedy est assassiné à Dallas, et Frances commence une grossesse. Buk se prépare à l’idée d’un nouveau mariage (qui n’aura pas lieu). Ils emménagent dans un nouvel appartement plus vaste. Les Américains interviennent au Viêt-nam. Les Webb rendent visite à Buk et Frances durant l’été 1964. Leur amitié en sera renforcée. Le 7 septembre 1964 naît Marina Bukowski, fille de Charles Bukowski et Frances Smith. Buk veut à tout prix éviter de répéter les erreurs de son père et lui consacre beaucoup de temps. Le travail à la poste, les courses, l’écriture. Les visites impromptues d’admirateurs (le plus souvent jeunes, chevelus et équipés d’un ou deux packs de bières), l’alcool et sa famille : Buk étouffe. Frances le supporte mal et part à Washington avec Marina, voir ses autres enfants.

1964 – Douglas Blazek, 23 ans, Mimeo Press, publie Ole. Il fait les trois huit dans une fonderie en Illinois, à 3.000 km de Los Angeles. Il correspond avec Buk et le publie dès son premier numéro : “La poésie est en train de sécher sur pied, comme une pute assise sur le dernier tabouret, un lundi soir”, dit celui-ci. Ole espère prouver que Buk à tort. Ces contributions contribueront probablement à le rediriger vers la prose. Dans les notes de Ole, Blazek précise que Buk “vit à Los Angeles où il écrit des lettres superbes, extravagantes, et où il fait de son mieux pour ne pas boire. Il se prépare en ce moment à accepter le prix Nobel de poésie […]” Buk dira plus tard : “J’avais le sentiment que Blazek et nous étions en train d’accomplir quelque chose d’important. Il y en avait d’autres, William Wantling, qui faisait de la prison à l’époque ou qui venait d’en faire, et Steve Richmond. […] La poésie américaine avait besoin d’un bon dépoussiérage. A l’époque, du moins, rien ne nous paraissait plus urgent.”Wantling (incarcéré cinq ans à St Quentin, autre acteur majeur de la Mimeo Revolution) et Buk devaient échanger une importante correspondance.

Dans le deuxième numéro de Ole, Buk publie A rambling essay on poetics and the bleding life written while drinking six-pack (tall), (divagation sur la poésie et cette chienne de vie, écrite en buvant un (gros) pack de six). Le texte fit grande impression et Buk se remit à travailler sa prose. Ole se fait une place dans le réseau des publications confidentielles. A travers lui Buk, Wantling et Norse (autre poète, expatrié en Europe) font office de directeurs de conscience pour de plus jeunes auteurs. 1965 – Mimeo Press sort deux petits ouvrages en prose de Buk : Confessions of a Man Insane Enough to Live with Beasts et All the Assholes in the World and Mine sur ses problèmes d’hémorroïdes (Confessions d’un homme assez fou pour vivre avec des bêtes et Tous les trous du cul de la terre et les miens, tous deux dans Au sud de nulle part). Le personnage de Henry Chinaski, alter ego de Bukowski, apparaît pour la première fois dans Confessions.

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